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Uliben Duo : Shared Memory

 

 

Belle tournée ce début juin....

 

Ils ont parlé du disque...

 

Uliben ! Derrière ce vocable improbable qu’on méprendrait pour un prénom moyen-oriental atypique, se cache le superbe duo de contrebasses d’ Ulrich Philipp et de Benoît Cancoin. Shared Memory nous fait entendre la magnifique contrebasse de Cancoin aux prises avec le live signal processing de Philipp, lui-même un contrebassiste exceptionnel issu du free-jazz violent de la panzer-muzik teutonne passé armes et bagages dans l’improvisation chambriste la plus raffinée et l’art sonore pointu. Le coup d’archet de cet autodidacte vaut bien l’or de tous ses confrères prestigieux. Avec Torsten Müller, Hannes Schneider, Georg Wolf, Alexander Frangenheim, Matthias Bauer, Sebastian Gramss, Klaus Kürvers,  Ulrich Philipp fait partie du cercle peu connu en France et ailleurs des contrebassistes radicaux haut de gamme d'Allemagne qui, sur les traces de Peter Kowald au départ, furent éblouis par les possibilités sonores de la contrebasse telles qu’exposées par Barre Phillips dans son Journal Violone de 1968 et Barry Guy avec ses Statements publiés il y a bien longtemps par Incus. Plus proche de la musique contemporaine que du free-jazz. Quant à Benoît Cancoin,  il représente le profil de ces innombrables improvisateurs radicaux de la lointaine province française qui sont devenus des maîtres de leur art et persévèrent malgré le peu de cas qu'on fait de leurs musiques. J'ai chroniqué récemment le superbe "Décliné" dans lequel officie le contrebassiste Louis-Michel Marion et je devrai bientôt m'y mettre avec "Estasi" avec un troisième contrebassiste, Fred Marty. Ces trois albums chez Creative Sources ! Trois contrebassistes français quasiment inconnus publiés par le même label étranger et on peut parier que ces trois-là se connaissent à peine !

Et c’est avec surprise que j’aborde le live signal processing multiple et un tant soit peu désorientant d’Ulrich Philipp complètement focalisé sur la contrebasse de son camarade Benoît Cancoin qui signe ici une performance enthousiasmante, où les doigtés se répètent invariablement avec des décalages infimes et superbement maîtrisés. L’originalité de la démarche de Philip se matérialise par exemple dans le dédoublement réellement imperceptible ou imperceptiblement réel des pizzicatos des douze premières minutes de  joint repository (40:32) et des altérations électroniques basées sur un sens du temps assez fantastique. Le jeu de Cancoin devient fracturé comme si des fragments avaient été découpés et recollés à la « sampleuse ». C’est fait de telle manière qu’un doute persiste. Le sampling diffère du processing du fait que dans le processing le micro de la source instrumentale est ouvert en permanence, à charge du processeur de métamorphoser l’instrument  sans discontinuer. La pièce évolue avec un lent travail à l’archet et une complémentarité troublante par le biais du processing alternée par des  grésillements ou des battements sourds qu’on entend bien être générés par ceux du contrebassiste. Le temps d’arriver à l’écrire et voilà que l’archet s’affole puis se tait laissant les palpitations électroniques s’entrechoquer et se débattre dans les croisements imprévisibles des rythmes digitaux et des sons extrapolés de ceux de la contrebasse. Un troisième mouvement intervient quand des col legno sur les cordes assourdies de la contrebasse s’insèrent dans l’effervescence de Philipp. C’est à ce moment que le duo opère à fond sans qu’il soit toujours possible de lever l’ambiguité entre les deux parties. C’est à la fois souvent très intéressant, avec des phases passionnantes et un vrai savoir-faire et un parti-pris de répétition quand la partie initiale de joint à l’archetémerge à nouveau en fin de parcours avant un action dramatique et un final grave parsemé de glitch. Le morceau suivant, concerted recollection (4:41) est une parfaite démonstration de la singularité d’uliben.  Je ne sais pas depuis combien de temps Phillip travaille cette démarche difficile et complexe, mais le résultat est concluant et mérite le déplacement, bien qu’il ne m’en voudra pas si je signifie que son travail à la contrebasse, trop peu diffusé via les enregistrements, nous aurait fait autant plaisir, si pas plus.

Article de Jean- Michel Van Schouwburg sur son blog : http://orynx-improvandsounds.blogspot.pt/

 

 

Pour le commander :

Créative Source ou Metamkine

 

Extraits sonores (débuts des morceaux) :

- Extrait 1

- Extrait 2

- Extrait 3

Plus de renseignements sur Ulrich Phillipp :

http://artist-wiesbaden.de/

- Extrait 4

 

 

 

 

 

 

 

Quelques traces du duo acoustique

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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