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Les Chercheurs de Djalma

 

 

 

CORPS commun / C(H)OEUR soli(T/d)aire :

 

Depuis quatre ans  " les chercheurs de Djalma"  développent  un travail d'improvisation autour de la notion de chœur. Leur démarche met en question trois frontières : corps / objet, individu / groupe, rêve / quotidien. De leurs expériences dansées, qui sont d'abord une méthode d'écoute, émerge le "corps commun". De l'individu naît une action collective en transformation permanente. Le point de départ : un groupe en cercle comme un miroir multi-faces qui entre en écoute. C'est un acte de transfert : se reconnaître ici et là-bas, dans l’autre et les autres.


La danse existe entre nos corps.


Un corps commun se déploie en improvisation. Le groupe, une masse, une nuée s'articule, crée un espace – des espaces. Le mouvement de foule se canalise vers une géométrie de situation : cercles, lignes, tas.  Sept corps à l'écoute. Des choix se présentent - conflits, obstacles, résolutions - et une "architecture dramatique" s'établit. On trouve des modèles en regardant de joyeux rassemblements d’hirondelles, en imaginant le chœur antique avec le départ de son coryphée, en admirant les flammes d'un feu. Un geste simple, un déplacement démultiplié et inscrit dans un lieu.


Le groupe constitue et transforme un espace. Le groupe évoque la force de la communauté et notre besoin humain d'union, de recueillement, de soutien, de réponse, de partage.  Le groupe s'écarte pour laisser place à l'individu et se rapproche pour écouter sa voix. Puis les individus cèdent leurs places aux formes organiques ; ensemble ils deviennent marée, rocher, dune, bosquet. Est-ce en lien avec le rituel, notion complètement déplacée dans notre société moderne ?...notre besoin refoulé d'y participer, d'en être témoin ?...de construire un imaginaire commun ?
A présent, " les chercheurs de Djalma"  mettent leur pratique à l'épreuve sous forme de migrations dans l’espace urbain. C’est un jeu qui couvre du territoire, qui se déplace en continu. Par effraction poétique cette nuée humaine amène l’habitant à vivre sa ville autrement.
 



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Rendons possible, sans chorégraphe, les déplacements de masse, les mutations de nuées, les éclats chaotiques qui se canalisent en formes géométriques, les architectures émotionnelles, les frictions et résolutions entre l'individu et le groupe. C'est toujours une entrée en présence (en écoute) qui permet cet espace collectif. Révéler et préserver la capacité de chaque personne à guider est impératif. Comment être au service du corps commun avec un désir personnel qui reste présent à l’intérieur d’une impulsion collective ? Comment soutenir la proposition de l’autre jusqu’au bout ? Comment voyager ensemble ? La danse existe entre nos corps. »


Le corps commun est par définition autonome. Il se déplace sans que l’on puisse comprendre quel est son but. Lui le sent. Il interagit avec ce qui l’entoure, avec ce qu’il croise, dans sa logique et sa langue muette très particulière. Il occupe des temporalités autres. Ses actions n'accomplissent rien, sauf ouvrir une brèche dans le temps et l'espace, les flux quotidiens de la cité.
Il n’est pas spectaculaire. Il est. Il est avec ceux qui voudront bien le suivre, le regarder.
Rien n’est envahi. Coulée, ce serait une coulée calme. Forte. Avec son propre son et ses mouvements spécifiques. Jamais tout à fait les mêmes.



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photos: Wilfried Leproust

 

Si l’on regarde une nuée, un banc de poissons, il s’en dégage un sentiment d’unité impressionnant. Et pourtant, si l’on prend un peu plus de temps à regarder, on s’aperçoit que cette unité n’est faite que de l’addition de multiples particularités de trajets, de vitesses, de déplacements. Ce n’est donc pas l’addition d’individus se copiant fidèlement mais l’addition de parcours singuliers concourant à la construction d’un trajet en formation, chacun répondant à sa manière aux exigences du groupe. Le groupe s’avère assez puissant pour poursuivre son but tout en permettant aux individus des variations qui peuvent aller jusqu’à son éclatement momentané. Puis, le groupe se reforme et reprend instantanément sa route sans problèmes apparents.

Le premier réflexe est d’opposer l’individu et le groupe. Le travail du corps commun, à travers la danse et l’improvisation, est une recherche sur la coexistence de ces deux entités. C’est aussi une recherche sur les liens entre l’intime et le partagé, sur l’intérieur et l’extérieur. Comment un individu peut il rester lui-même dans un groupe ? Comment un groupe peut il être suffisamment fort pour laisser s’exprimer les individus sans se dissoudre ? Comment plusieurs vitesses peuvent elles coexister et même plus, concourir à la construction d’une action commune ?

 

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